Bienvenue à TOI

07 novembre 2005

Larquez les amarres

Il y a de ces jours où les cernes cachent les yeux, où les jambes ne semblent plus toucher terre. Quoi de plus normal après une soirée quelque peu imprévue mais qui vit alcool, sourire et décibels battrent le plein.

Et quand ces âmes prennent placent auprès de Morphée, avachie de fatigue, mes yeux ne veulent se fermer mais pourtant, 2 heures de ronflement vinrent de mes entrailles, à défaut de sommeil réparateur, c’était déjà cela de gagner.

Il n’en restait que 2 de la soirée en ce beau matin, alors je me transformer en guide dans une ville rose inconnue. De pas en pas, de déconnade en déconnade, les heures de jour passèrent à un rythme infernal mais les cernes étaient toujours présentes.

Il me fallait, après quelques boustifailles, les accompagner vers ce train qui ne siffle plus. Une heure de quartier libre à combler et ce fut un passage sur cette péniche, façon de faire un hommage à Axel. Le temps d’une bière et il fallait déjà les rapprocher du quai.

Chose faite, pourquoi ne pas reprendre la 124 que mes cernes demandaient ?

Le feeling était plus fort que la fatigue, et Joe allait battre nos cœurs alors qu’Axel avait jeté l’ancre sur le canal du midi.

Une connaissance, sur le point de partir alors que je descendais dans la calle à sons, me présentait ses 3 copines. Ravissantes toutes les quatre mais décidemment, mes cernes avaient raison de garder mes yeux aveugles. Et oui, trop dur de voir quand on a décidé pendant 3 ans de les maîtriser l’horizon de ses yeux.

Une fois ces quatre étoiles filantes parties vers de nouveaux cieux et après quelques blagues michelesques, façon de détendre un peu plus l’atmosphère, comme si elle en avait encore besoin. Les yeux étant devenus inutiles, les oreilles battent de leur plein et me lancent sur cette piste restreinte.

Pas bon danseur, j’en avais oublié que j’aimais battre quelques pas, des pas oubliés pendant ces trois dernières années. Bonnant malant, les rythmes dirigeaient mes pas hésitant.

Les décibels étaient toujours très vivants mais ils ne pouvaient m’empêcher de voir son sourire juvénile et plein de tendresse. Ses pieds ne touchaient terre car elle était sur son nuage, ses idées noires restées sur son blog, le temps d’un soir se disait-elle. Elle devait avoir raison, tout au moins le pensait-elle. Joe, d’ailleurs lui a tiré son chapeau qui lui allait si bien, mais ce geste n’enleva rien à son charme, à ses pas léger et son rictus insoutenable.

Mais où étaient passées mes défenses qui avaient tellement fait leurs preuves dans ce passé récent. Ces murailles allaient-elles céder dans ces circonstances ? Impossible pour toi qui les a bâties de tes propres mains, contre ta volonté et contre ton bonheur.

Rigolades, discussions brèves, quelques regards, quelques pas de danses à deux et les protections reprendront leur droit dès le lendemain, quoi de plus normal.

Et bien que les cernes aient diminuées en 2 jours, bien que les murs froids et vides de la maison me rappellent la réalité, les pensées que l’on croyait oubliées, me mettent dans un état d’adolescent qui découvrent les sentiments, d’un pêcheur qui vient de prendre sa première truite, d’un compositeur qui vient de trouver sa gamme.

Toi qui n’a jamais écrit de ta vie, mis à part ces brouillons vieillots, idéals pour allumer la cheminée, il a suffit de quelques lignes d’une chapeautée pour que ton clavier déroule ses touches.

Anesthésiste, il falloir mettre la dose pour endormir ces idées naissantes, chirurgien il va falloir me fortifier ce coude pour qu’il puisse tenir une armure protectrice !!

Quand le corps s’en remet à la médecine, quand on prend conscience que le cœur peut se remettre à battre après ces 36 mois d’inconscience volontaire, quand on construit la peur pour détourner la réalité, quand les yeux pétillent sans savoir s’ils vont sourire ou couler quelques larmes..

Toi qui as toujours vécu dans le naturel, dans l’instinct, quand vas-tu arrêter ton cinéma qui ne fait plus pitié. Toi qui aides les autres, vas-tu penser à toi ?

Toi qui a envie de changer de clavier et de prendre celui du téléphone, tu as réponses à tout et bien sur tu as plein de choses à faire, sous prétexte que tu as encore tes 2 bras de disponible pendant quelques heures. C'est bon tu as gagné, appuies sur "envoyer" et retournes à ton travail.

Posté par Humanitor à 13:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]